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LA FILLE DU TRAIN DE PAULA HAWKINS

 L'Article


Paul Hawkins

Alcoolique, quittée par son mari, au chômage, obligée de louer une chambre chez une amie, Rachel voit peu à peu sa vie lui échapper. Ses trajets quotidiens en train lui offrent une sorte de bouée d’oxygène, surtout quand elle passe devant cette maison habitée par un couple qu’elle idéalise sans même connaître. Quand, un jour, la femme est à la une des journaux à cause de sa disparition, Rachel va se sentir obligé de participer à l’enquête à sa manière…

Cela faisait un certain temps que ce roman me faisait de l’œil. Sorti il y a bientôt quatre ans et premier ouvrage d’une écrivaine britannique, il est devenu un phénomène d’édition à travers le monde, avec des millions d’exemplaires vendus et une adaptation qui n’a pas trainé (le film est sorti il y a deux ans et demi maintenant). Il était donc temps que je m’y mette et, malgré ses 450 pages en poche, la lecture n’a pas vraiment trainé. Pourquoi ? Principalement parce que c’est un vrai page-turner qui, s’il met un peu (trop) de temps à mettre véritablement l’intrigue en place, pousse ensuite le lecteur à toujours continuer la lecture afin de découvrir ce qu’il va se passer par la suite. De ce côté-là, il n’y a pas grand-chose à redire et l’auteur parvient à nous plonger dans une ambiance de thriller psychologique qui ressemble un peu au film Gone Girl (adapté du livre Les apparences de Gillian Flynn, que je n’ai pas lu). C’est dommage que la résolution de l’affaire n’offre pas forcément une énorme surprise, de telle sorte qu’elle m’a même semblé un peu bâclée, comme si l’auteur ne savait pas vraiment comment faire retomber son histoire.

 

Mais ce qui m’a le plus dérangé, au-delà d’une écriture loin d’être exceptionnelle, c’est ce personnage principal avec lequel j’ai eu beaucoup du mal tant j’avais envie de continuellement la secouer pour qu’elle arrête de prendre sans arrêt les mauvaises décisions (notamment dans son rapport à l’alcool). Cette Rachel m’a beaucoup trop horripilé pour que j’aie le minimum syndical de sympathie pour elle et ça m’a embêté. Sinon, au rayon des choses plus réussies, il y a cette construction autour de trois personnages féminins qui se livrent dans une sorte de journal intime. Cela permet à l’auteur de faire des ellipses bien pratiques parfois. De plus, ces trois récits sont dans des temporalités différentes et se rejoignent peu à peu, ce qui permet de reconstituer l’histoire morceaux par morceaux, à plusieurs voix. Et ce qui est peut-être le plus « amusant », c’est qu’on est dans une histoire de disparition mais que, dans les faits, la police n’est presque jamais présente. L’enquête à proprement parler est complètement expédiée. Tout se dénoue de façon presque « naturelle » sans que l’intervention de la police n’y soit pour grand-chose, ce qui est plutôt original dans ce genre de livre. Bref, on a du mal à lâcher cette Fille du train mais ça n’a rien de transcendant non plus. De telle sorte que j’ai un peu de mal à comprendre le succès phénoménal pour ce roman. Mais ça, c’est une autre question…

« Un soleil radieux dans un ciel sans nuages, personne à voir, rien à faire. Vivre comme je le fais, c'est plus difficile l'été, avec ces journées si longues, si peu d'obscurité où se dissimuler, alors que les gens sortent se promener, leur bonheur est si évident que c'en est presque agressif. C'est épuisant, et c'est à vous culpabiliser de ne pas vous y mettre, vous aussi. »


Un bon thriller psychologique, bien qu’il ne soit pas très bien écrit et qu’il mette en scène un personnage auquel j’ai eu du mal à véritablement m’attacher, ce qui est toujours un peu dommage… Pour autant, c’est compliqué de lâcher la lecture car on a vraiment envie de savoir ce qui s’est vraiment déroulé dans cette banlieue londonienne. Et c’est bien ce que l’on demande en priorité quand on commence un polar. Donc on peut dire que l’objectif est rempli, sans que ça m’ait particulièrement ébloui.

La fille du train



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Lucie 03.04.2019, 21:56

Lu il y a 4 ans. J'allais l'offrir à mon père mais il l'avait déjà lu, j'étais bien obligée de m'y plonger. Sur le moment j'ai passé un très bon moment, ça m'a bien tenu en haleine (au point que je me suis exilée dans la voiture un 31 décembre pour le finir tranquillement) mais il ne m'en reste pas grand-chose...


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